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En Espagne, le régime fiscal « général » s'applique dans
la majeure partie du territoire. Les territoires dits
foraux comme le Pays basque et Navarre ont la
capacité d'émettre des réglementations fiscales et de
percevoir des impôts, bien qu'ils doivent maintenir une
structure et des taux similaires à ceux du territoire
commun. Certaines communautés autonomes, comme
la Catalogne, ont la possibilité d’augmenter les taux
d’imposition. Ici, nous analyserons uniquement la
fiscalité qui s’applique sur le territoire en commun.
Voici les principaux impôts sur les revenus à tenir en
compte :
•
L’impôt sur le revenu des Sociétés (IS)
Le taux d'imposition est de 25 % avec des taux spéciaux
pour certains régimes et types de sociétés (variant du
0% au 30%).
•
L’impôt sur le revenu des personnes physiques
(IRPF) :
Le taux général d’imposition varie de 19% à 45% (en
Catalogne, le taux général d’imposition varie de 21,5% à
48%).
Concernant les revenus de l’épargne, le taux varie de 19
% à 23%.
•
L’impôt sur le revenu des non-résidents (IRNR) à
savoir, les personnes physiques et les sociétés :
Le taux général d’imposition est du 24%.
Les dividendes sont taxés au 19%, les intérêts au 19%
et les redevances au 24%.
Pour les résidents de l’UE ou de l’espace économique
européen, le taux est de 19%
Lorsque l'entreprise n'a pas de résidence fiscale en
Espagne, mais obtient des revenus sur le territoire
espagnol, elle peut être soumise à l'impôt sur le revenu
des non-résidents. Cela est courant chez les entreprises
étrangères qui opèrent en Espagne sans constituer de
société localement. La forme de taxation dépendra de
l'existence ou non d'un établissement permanent.
Il faut également savoir que, pour éviter la double
imposition, il existe une exemption sur les dividendes
et revenus issus du transfert d’actions de sociétés
résidentes en Espagne et des non-résidents, lorsqu'une
série d'exigences sont remplies, notamment les
suivantes :
•
Que le pourcentage de participation, directe ou
indirecte, dans la filiale représente au moins 5 % ou
que sa valeur d'acquisition ne dépasse pas les 20
millions d'euros et que la participation ait été
détenue de façon ininterrompue pendant au moins
12 mois.
•
Dans le cas de filiales non-résidentes sur le
territoire espagnol, la société détenue est assujettie
et non exonérée d’un impôt étranger de nature
identique ou similaire à l'IS, à un taux nominal d'au
moins 10 %. Cette exigence est considérée comme
remplie lorsque la société détenue est résidente
d’un pays avec lequel l'Espagne a signé un accord
permettant d’éviter la double imposition et qui
contient une clause d'échange d'informations.
De façon alternative, Il existe aussi une déduction pour
éviter la double imposition qui permet de déduire le
montant le plus faible des suivants :
1.
Le montant des impôts payés à l'étranger ;
2.
La retenue maximale applicable conformément à la
convention de double imposition d’application ;
3.
Le montant de la contribution que vous auriez
payée en Espagne pour les revenus obtenus à
l'étranger.
Dans le cas d’une double imposition économique
internationale (perception de dividendes distribués sur
les bénéfices des filiales imposées dans l'État d'origine
mais qui n'appliquent pas l'exemption prévue par la
législation espagnole), il est possible, sous certaines
conditions, d'intégrer le « bénéfice brut » (avant de
déduire l'impôt étranger supporté par la filiale)
distribué à la société espagnole et d'appliquer en
déduction, pour éviter la double imposition, la part
proportionnelle de l'impôt payé à l'étranger avec la
limite du quota qui aurait été payé en Espagne pour ce
revenu brut.
Les véhicules d’investissements peuvent prendre
plusieurs formes afin de répondre à un usage
spécifique selon le profil de l’investisseur et les objectifs
à atteindre.
Les structures les plus répandues sont les suivantes :
•
La Société à responsabilité limitée (SL)
C'est le type d'entreprise le plus courant, en raison de
sa flexibilité et de sa nature fermée. Un capital
minimum de 3 000 EUR est toujours requis pour sa
constitution (dont le versement effectif n'a pas besoin
d'être justifié si les fondateurs décident d'en être
solidairement responsables). La SL peut avoir un seul
associé, auquel cas elle doit ajouter la mention de «
unipersonnelle » à sa dénomination sociale. La
responsabilité des associés est limitée au capital investi
(sans préjudice de la responsabilité qu'ils peuvent
encourir en tant qu'administrateurs de fait ou de droit).
Les contributions au capital peuvent être à la fois
monétaires et non monétaires (sous forme d'actifs).
L'organe d’administration peut être composé d'un
administrateur unique, de deux ou plusieurs
administrateurs conjoints ou d'un conseil
d'administration (avec un minimum de 3 et un
maximum de 12 membres). Il est possible de nommer
une personne morale en tant qu'administrateur à
condition de nommer une personne physique pour la
représenter dans ses actions. Les membres de l'organe
d’administration peuvent être nommés pour une durée
indéterminée.
Son capital est divisé en parts sociales qui ne
constituent pas de titres, de sorte qu'elles doivent être
transférées par un acte notarié signé par-devant
notaire espagnol. Par nature, elles sont fermées et
comportent des limitations sur leur cession, qui devra
être proposée, à l'avance, aux autres associés. Par
conséquent, une SL ne peut pas être coté sur un
marché boursier organisé.
•
La Société Anonyme (SA)
C'est une société plus ouverte et un peu moins flexible
que la SL. Un capital souscrit minimum de 60 000 EUR
est requis pour sa constitution (qui peut être
initialement versé à seulement 25 %, laissant 45 000
EUR engagés par les actionnaires, mais non réellement
versés). Comme dans le cas d’une SL, elle peut avoir un
seul actionnaire, dans ce cas elle devra ajouter la
mention de « unipersonnelle » à sa dénomination
sociale. La responsabilité des actionnaires est
également limitée au capital investi (sans préjudice de
la responsabilité qu'ils peuvent encourir en tant
qu'administrateurs de fait ou de droit). Les
contributions au capital peuvent être à la fois
monétaires et non monétaires (sous forme d'actifs), en
revanche, tout apport non numéraire devra être estimé
par un expert indépendant nommé par le Registre du
Commerce et des Sociétés (ce qui représente un coût et
du temps).
L'organe d’administration peut être composé d'un
administrateur unique, de deux ou plusieurs
administrateurs conjoints, solidaires ou d'un conseil
d'administration (avec un minimum de 3). Il est possible
de nommer une personne morale en tant
qu'administrateur à condition de nommer une
personne physique pour la représenter dans ses
actions. Les membres de l'organe d’administration
peuvent être nommés pour une durée déterminée ne
pouvant dépasser les 6 ans.
Son capital est divisé en actions qui constituent des
titres-valeurs librement transmissibles par tout contrat
juridique. Par nature, les actions sont de type «
ouvertes » ce qui permet aux titulaires de les céder
librement sauf disposition contraire aux statuts. Elles
peuvent être cotés et pratiquement toutes les sociétés
cotées en bourse en Espagne sont des SA.
•
La succursale
La succursale constitue un établissement permanent
d'une société étrangère sur le territoire espagnol, à
laquelle un capital social est ou non attribué. La
succursale est enregistrée au Registre du Commerce et
des Société.
Elle n’a pas de personnalité juridique car elle fait partie
de la société étrangère.
D’un point de vue fiscal, elle est imposée par l'IRNR
mais en appliquant les règles de l'IS.
La législation espagnole ne limite pas le financement
des sociétés par leur capitalisation. Les dernières
réformes législatives favorisent cette voie en
exemptant de toute imposition indirecte la constitution
de sociétés, les augmentations de capital et le reste des
contributions des actionnaires aux fonds propres.
En ce qui concerne la fiscalité des investisseurs, il existe
des retenues à la source sur les dividendes distribuées
par les sociétés espagnoles à leurs actionnaires ou
partenaires non-résidents. La retenue à la source
applicable est généralement de 19 %, mais peut être
réduite en cas d'application d'un accord de double
imposition.
À condition que certaines exigences soient remplies, les
dividendes distribués seront exemptés de retenue à la
source et d'imposition en Espagne par des sociétés
espagnoles vers leurs sociétés mères situées dans l'UE.
Les dividendes distribués ne sont pas déductibles pour
l'entreprise qui les distribue. En revanche, le montant
du bénéfice annuel que la société espagnole décide de
ne pas distribuer à ses associés en le conservant dans
la société peut entraîner une réduction de l'impôt sur le
revenu des sociétés jusqu'à 10 % du bénéfice non
distribué.